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BAÏ, artist made in Tikiland !

Sur une affiche, au bas d’un tiki mug, dans des expos de Paris à Los Angeles, ou encore en 4e de couv’ du dernier numéro de La Nouvelle Revue Instructive, vous avez peut-être déjà croisé ce patronyme : Baï. Derrière ces trois lettres se cache une artiste aux multiples talents qui sous des dehors très timide bouillonne créativement. Son domaine d’expertise principal : les tiki mugs. Ces mugs inspirés des dieux polynésiens pour siroter vos cocktails exotiques dans votre bar Tiki préféré. Du fin fond de sa cuisine parisienne, c’est la seule en France réaliser ce genre d’objets tellement classes et tellement pratiques. Pour en savoir un peu plus sur Baï nous avions rendez-vous au Tiki Lounge, bar tiki parisien pour lequel elle a réalisé ses premières commandes.

Par Francis VIEL

Hello, qui es-tu Bai ?
Je fabrique des mugs. J’ai commencé en 2008 après un voyage aux Etats Unis. Là-bas j’ai réalisé mon premier mug. Les gens ont accroché d’entrée. C’est un grand artiste Tiki qui s’appelle Squid qui m’a poussé à continuer et qui m’a présenté plein de monde de cet univers là. J’ai acheté un four dès que je suis rentrée en France. Aujourd’hui j’ai la chance d’être connue des principaux tiki bars.

Il y a quelques temps on a parlé d’un retour de mode de cet univers, tu l’as senti ?

Oui. Par exemple au début j’ai pas mal attendu, à lutter toute seule dans mon coin. Les gens ne comprenaient pas forcément au départ. La plupart de mes clients étaient américains, anglais, suédois… mais pas français. Je me suis dis, bon si ça marche et que j’arrive à vendre là-bas il y a bien un moment où les français vont se réveiller. Et puis il y a aussi tout un mouvement qui est arrivé il y a un an, un an et demi – enfin qui était sûrement là avant, mais que je ne connaissais pas – tout ce milieu de barmen, la mixologie, le rhum fest, tout ça…
Scotty du Dirty Dick m’a présenté aux rhums Plantation pour qui je fais des illustrations, et plein de portes se sont ouvertes. J’ai découvert un potentiel incroyable, plein de clients d’une nouvelle génération qui ont complètement compris ce que je faisais.

Oui parceque tu ne fais pas que des mugs donc…

Oui je fais aussi de l’illustration. A la base je suis illustratrice (entre autre passée par Libération, Playskool, Fisher Price – ndlr) mais je voulais travailler en 3D.

L’univers des bars Tiki aujourd’hui est souvent lié à un milieu assez rock’n’roll. Tu viens de là ?

Je suis un peu un ovni là-dedans. Moi je viens de la funk, de la soul, je suis très fan de Prince, Marvin Gaye, Gil Scott Heron…
Je sais pas pourquoi l’univers tiki a été lié à ce côté rock’n’roll. Il doit y avoir toute une histoire américaine là-dedans, mais je ne me sens pas impliquée. Il y a des groupes de surf actuels que j’aime bien ceci dit.

Et dans ce monde des bars tiki, on entend régulièrement parler de la Tiki Tribe, qu’est-ce que c’est ? Tu en fais parti ?

C’est un groupe d’artistes. On s’est tous connu grâce à Jérôme Laojia qui est un très très bon sculpteur. On s’est tous connu via le forum Tiki Central. Un jour il a eu l’idée de faire une expo chez Born Bad à Paris. Il nous a contacté pour savoir si on serait intéressé de se réunir et forcément moi seule dans mon coin j’ai trouvé ça génial. On était pas très nombreux au départ. Je dirais cinq à peu près. Et comme l’expo a bien marché on a décidé de continuer à se faire un petit clan et de se rassembler. On a fait quelques expos un peu partout après : Born Bad, Tiki Lounge, concerts, festivals…

Parles-nous un peu de la 4e de couv’ que tu as réalisé pour le numéro 3 de La Nouvelle Revue Instructive
A la base, je suis parti d’une illustration que j’avais faite pour un musicien qui fait du ukulélé. Il s’appelle Nico, il est vers le sud est de la France je crois. Il m’avait demandé si je pouvais faire une affiche pour lui. J’ai commencé et puis on s’est un peu perdu de vue. Du coup j’ai décidé de la réadapter. On y voit tout mon univers : le tiki Bob, le tiki qui fait un peu peur, les squelettes, les volcans, l’ile de Pâques, les fez, la nature…

Pour finir, tu pourrais aussi nous expliquer ton nom : Baï ?

Baï ça veut dire « ami ». Mon père m’a appelé comme ça la première fois qu’il m’a vu. Fille de hippies je devais naitre à Goa. Finalement ma mère n’a pas pu prendre l’avion alors que mon père était là-bas. Et 6 mois plus tard la première chose qu’il a dit en me voyant c’est « baï go », qui veut dire « ami » en sanscrit. Et depuis toute ma famille et mes amis m’appellent Baï. Maintenant il n’y a que la banque qui m’appelle par mon autre prénom. ✘

Merci Baï

Pour admirer tout son talent et passer commande si le cœur vous en dit, rendez-vous sur son site :

BAÏ