Press "Enter" to skip to content

Réflexion digressive sur… JESUS ALLIN

GG Allin, n’attaque pas l’assistance, quand il cogne, il défend son territoire marqué au sang, aux étrons et aux crachats. Une décharge sonore, et la vue d’un autre être humain schlappe le tronc cérébral et active son cerveau reptilien. La survie, l’isolation, la danse du serpent.

Par Gregory PETIT

En 1994, J’avais genre neuf ans. C’était encore l’éclate de l’ héro, il y avait ces grandes fresques graffitées sous les hlm avec un océan et une seringue qui se faisait exploser par une vague déferlante. Les shooteuses crissaient sous les kickers dans les bacs à sables, les dealers portaient des masques de sorcières et du sang coulaient sur les marches du treizième étage. Certains gosses comme moi ont donc développé un imaginaire morbide et violent, une sorte de mysticisme répondant à un chaos. Gras du bide en veste de jean à la recherche du diable dans la cage d’escalier du hall 48. Tu squattes chez ton pote aux parents alcoolos à te zieuter des films gores en attendant d’être plus intéressés par le cul. Merde ces morveux sont au CM1, et ils parlent du mec qu’on a pendu à l’immeuble d’à côté et cette salope de dame blanche n’apparait dans le miroir. Ma première rencontre avec toi GG. La même année je m’étais déguisé en Eric Draven avec les vêtements de ma mère comme un sale petit travelo. J’avais piqué le style dans le Mad Movies numéro 90 en bandant un petit peu sur les nibards hyperboliques de Vixen et de Supervixen. Dans Mad, il y avait cette page dédiée au distributeur vhs français HAXAN FILMS qui deviendront mon obsession 15 ans plus tard. Underground et culte, ils étaient par exemple à l’origine de la diffusion sur le marché gaulois, de neckromantick, des Hardcore de richard Kern dans lesquels Henry Rollins violentait un gosse et Lydia Lunch se faisait doigter en gros plan sur fond de poésie et de spoken word No Wave. Camp 731-Man Behind the sun (Hēi tài yáng 731), où les Japs s’éclatent Mengele en arrachant de la chair bouillie des mains d’une prisonnière chinoise et filent un vrai chat à bouffer au rats. On y trouvait aussi bien Le Santa sangre de Jodorowsky que du tentacule concupiscent nippon.
Et il y avait Rock’n’roll Overdose de Todd Phillips, sorti en 1993 sous le titre original de Hated : GG Allin and the murder junkies. Film préféré 1993 de John WATERS, le pygmalion de Divine, le trav’ coprophage de Pink flamingos et la réponse punk au silence des agneaux selon le Bay Guardian. C’ est sur la boîte. Comme ton My mind is a machine gun, my body is the bullets, the audience is the target. Et une photo de ton micro-pénis.
Jéjé. Hey jéjééééé. Tu me permets de t’appeler comme le faisait ton petit frère Merle dans ta cabane de Groveton. New Hampshire. Ou tu préfères que je t’appelle Jésus ton nom de naissance donné par ton fêlé de paternel Merle sr. Le soldat de dieu. Dans les 60’s, maman t’as fait rebaptiser Kevin Michael pour éviter te te faire pourrir ta race par les bullies et les jocks de l’équipe des Wildcats de Concord, le patelin où elle vous a embarqué pour vous protéger du fanatisme de papa. Au lycée tu jouais de la batterie dans ces groupes de chiottes hippie /redneck à la Deep Purple avant de taper pour Malpractice et tu t’habillais comme une gouine intello à lunettes… Ouais, comme Daria ! Toute bourgade a besoin d’un freak, forgé par une famille dysfonctionnelle qui pouvait tourner mal. Chez moi on avait cette bande de kids shootés au glucose et aux chips goût barbecue, progéniture de parents éthyliquement de première division, mères criardes et darons avec coupes mulets. Un de ces résidus de capote biglouche qui louche torturait des moineaux et piqua un petit vieux au cutter. En vrai, il suffit d’une décennie de gestation pour engendrer un monstre. Comment le punk juvénile gentiment débile early 80 ‘s des jabbers chantonnant de sa voix nasillarde you hate me and i hate you a muté en l’ Attila fétichiste de la violence et des déjections corporelles des Murder Junkies ? Car comme un prurit anal, qui au début n’est qu’une petite rougeur entre le cul et les couilles et qui s’infecte en sueur sanguinolente hémorroïdale, tu as juste eu besoin d’un environnement fertile. Tiens une chiasse de mots JéJééééééé : Ville crasse, potes stoners de Wal-Mart devenus vieux stoners de Wal-Mart, pénis bizarre, identité sexuelle complexe, papa veut rester dans les bois, papa veut te kidnapper pour t’isoler du monde et… PUNK.
Chiasse, sang, foutre. La sainte trinité. Ton corps est le temple rock’n’roll voué à la haine des ringards. Les fluides sacrés d’un christ de misanthropie. Shock punk rock ?/hardcore ? Je sais pas mec. Alice Cooper se démaquillait pour aller jouer au golf. Les Angry Samoans étaient des juifs qui clashaient qui chantonnaient des comptines sur les chambres à gaz et les homos. Les Mentors se la jouent youpi ya je te viole par ci par là. Les Misfits c’ est mosh pit de la Hammer et stéroïdes. C’est pour la déconne. Un peu de dérapage contrôlé. Glenn dérouille cette garce qui ouvre trop sa gueule dans Attitude, Jack Grisham de T.S.O.L lime de la viande froide dans Code blue, les Rotters bouffent l’anus de Stevie knicks, on fait chier les vétérans, ta sœur féministe, ta mère catholique qui aime quand même se faire sodomiser sur des aires d’autoroutes et ton grand frère hippie qui file de l’argent à ce maitre zen qui sodomise ta mère sur les aires d’autoroutes. « Give you the creeps » crachait le jeune Mike Ness héroïnomane de Mommy’s little monster tellement plus rigolo que la version Al Capone vegan, lubrifiant à vagin pour thons fiftos à frange. Tous les kids ont besoin de quelques bons hahahaha à se mettre sous la dent, il leur faut des titres explicites pour retenir leur attention de gerbille. Genre salut on est Agent Orange et on va vous chanter Bloodstains.
Mais Jéjéééééé…. ? (Questionnement à la Gerard Schaefer. Keuf violeur baiseur de corps bouffé par les insectes des marais. Son procédé préféré consistait à pendre une autostoppeuse à une corde passée par-dessus une branche. La strangulant à loisir jusqu’ à ce qu ‘elle se lâche dans ses sous-vêtements bon marché. Visage. Gros plan sur son visage à grosse lunette qui sue d’excitation. Voir l’interview de Bourgoin quand il s’adresse à Ted Bundy).
« C’était vraiment de la vanne ou pas ? Tu devais tourner avec Dee Dee Ramones et il a eu les foies. Ton Batteur nudiste Dino, communie dans sa tête avec les Lunachicks. Il parle avec la douceur et l’amour d’un hippie Mansonien. Il aime montrer son chibre et ses gonades à une petite fille car il pense qu’elle aime regarder. T’inquiètes ton public aime regarder ; l’Amérique aime regarder. Elle est fascinée comme tu l’es par nous Jéjééééé…Est-ce que tu collectionnais les trading cards de Richie Ramirez et Bobby FISH et tu les échangeais avec les autres enfants un peu lent de ta classe spécialisée? De quoi parlais- tu avec le gros Gacy à Menard ? De shibari, de torture, de pénétration forcée facilité par de l’huile de friture de poulet, faisait-il semblant de ne pas être une fiotte ? Il t’aimait bien, il a fait ton portrait en attendant qu’on lui injecte le cocktail Blayer and Deutsch. Qu’est ce qui s’est passé à Ann Arbor, elle était vraiment aussi d’accord que toi quand tu l’as baisée brulée et coupée. Foutu en tôle le 25 décembre 1989, même année que ton non pacte de suicide. Diagnostiqué schizo maso narcissique le divin enfant. T’as fécondé la petite texane, elle était même pas majeure, Tracy Denault. Et la petite Mankowski, 17 ans sur le plateau de Geraldo Geraldoooo. »

Fin de vision
Putain de Geraldo , Putain de Jerry Springer la putain de nôtre race humaine sauvagement scopophile et indirectement nécrophage. L’Amérique a construit un barnum suspendu à un satellite. La scène hardcore, punk, goth, industriel exposé à la populace comme Schlitzie Pinhead ou Grady Styles Jr., l’homme aux pinces abusives. Par le montreur d’erreur de la nature avec son costard et son micro. Bien loin de la bienveillance de Belushi à l’origine de la prestation de FEAR au Saturday Night Live. Et puis on s’en branle de la musique les mecs, je veux en savoir plus sur le nombre de dents qui ont traversé le cerveau de Kurt Cobain, est ce que El Duce des Mentors s’est vu proposé une gâterie ou de l’oseille par Courtney pour descendre ce blondinet famélique, est ce que ses fans ont ri quand ils l’ont vu se faire percuter par un train quand ils lui faisaient coucou. Des voyeurs, mec. Dès que tu as bouffé tes premiers laxatifs dans l’Illinois, jusqu’à ‘a ton cadavre bouffi. Que ce soit le petit nerd puceau accro à l’Apocalypse Culture ou le sale délinquant hardcore bastonneur, ils attendent de toi de la merde à la banane, et que tu leur fous sur la gueule. Ils ont pris leur ticket comme à la foire. Tu es l’American Nightmare qui doit se supprimer pour Halloween. Et ils te l’ont réclamé ton sacrifice. Ouais genre quand t’étais en prison en train d’écrire ton pamphlet c’était pas encore une bonne planque ? Gg t’as la trouille en fait, tu fouettes, tu veux violer nos petites copines avec la bite d’un gosse de sept ans, mais t’as pas les couilles d’en finir.
Tes lyrics, mec. Des petits mantras de haine machouillés compulsivement entre une gencive et ce qui a été épargné par les coups de micro merdeux. Scum, eat, cum, faggot, hate, hate, hate, i hate you, motherfuckers gravés au stiletto, en typo vomitose sur la paroi spongieuse de ta machine à penser. Facho, homophobe, misogyne, tripoteurs de gosses ? Ta haine est distribuée avec une attention toute particulière pour chacun comme une eucharistie niquée de la tête.

The snakeman dance ! C‘est ta période outlaw scumfuc pillage de David Allan Coe que j’ai aimée. Chemise western et santiags, pas de bagages, tu n’appartiens pas à notre époque. Tu es de l’Amérique sauvage, des hors la loi poète du 6 coups qui changeaient sans cesse de bande. Ivre d’indépendance mais rendu barjo par la solitude et les maladies vénériennes. Que la mort vienne d’elle-même comme elle est venue chercher Hank Williams Sr cuvant dans sa Cadillac ‘52 bleue azur. When i die dans ma tête quand j’ai chanté à poil pour cette pute ou quand j’ai bu la pisse de cette fille qui me rendait dingue, sauf que moi j’ ai pas vomi, j’ai tout gardé.
La faucheuse est venue te chercher chez Johnny Puke, le 28 juin 93. Overdose d’héroïne. Appelons cela un suicide sans préméditation. Tes adeptes psychoides ont poursuivi ton fantôme en se cuitant et chiant sur ta tombe. Comme ils t’ont suivi durant ta marche élégiaque sur Manhattan. Comme on a chassé, les spectres des copains de nos grands frères tombés sous les aiguilles dont les os blanchissaient sous nos cabanes de gamins vicelards, dans les bois près de l’autoroute.
Pourquoi avoir voulu qu’on te creuse un trou ? Foutre le feu à ta carcasse, et pisser sur la cendre chaude avant de reprendre la route aurait été bien.
So long, desperado. ✘